Revenir au site

On est vraiment en 2021 ?

ou pourquoi je m'ennuie de la vie d'avant

Oui, on est vraiment en 2021. On était heureux de célébrer la venue de cette nouvelle année prometteuse, moi la première. La venue du vaccin, tel un génie qui sort de sa bouteille, allait nous sauver. Alléluia ! Fin de la pandémie. Et pourtant....

Pour l'instant, comme dirait ma feue grand-mère: « C'est du pareil au même ma petite fille » et elle ajouterait probablement: « C'est arrangé avec le gars des vues, je te l'ai toujours dit ». C'était l'une de ses expressions fétiches.

Le 2 février, Montréal se pare de ses plus beaux atours et annonce un petit déconfinement. Elle ouvre ses commerces, ses musées et permet à ses coiffeuses de retourner au travail. Alléluia ! Et pourtant... Je dois, révérencieusement*, m'incliner devant les sentiments mêlés qu'elle provoque en mon for intérieur.

Je m’ennuie de mes amies et de ma famille. De nos épanchements respectifs autour d’un joint, d'un bon Bordeaux ou d'une bonne bière de microbrasserie. Je m'ennuie de leur chaleur humaine. Je m'ennuie de la vie d’avant. De la liberté et de la permissivité. Des sourires. Je m'ennuie de faire la bise et de serrer dans mes bras, mes amies, mes parents, mes oncles, mes tantes, mes cousins et mes cousines.

Je m’ennuie d'aller manger au restaurant. Des salles à manger pleine à craquer, mais aussi des ambiances feutrées. Des petits restaurants de quartier, des voisins que j'y rencontre ou que je croise. Je m’ennuie d'échanger et de socialiser avec les gens de Tétreaultville, mon quartier adoré.

Je m’ennuie des camps d’entrainement de vélo. Comme sur la photo qui trône sur ce billet. C'était en 2019, j'étais en Virginie aux États-Unis. Je m'ennuie de rouler en peloton. De la piscine et de nager. Je m'ennuie des festivals, des spectacles, des salles de cinéma et des rassemblements. Des marches nocturnes au Parc de la promenade-Bellerive.

J'ai peur que la Covid19 ne disparaisse pas. J’ai peur que l'on ne retrouve jamais un semblant de normalité. J'ai peur pour la santé de mes parents qui ont passé le cap des 65 ans. J’ai peur la nuit quand l'insomnie me garde encore et toujours réveillée. J’ai peur qu’il n’y ait pas assez de vaccins ou que la 2e dose soit donnée trop tard. Je suis inquiète pour notre système de santé et je déteste le mot délestage.

Je suis frustrée contre ceux et celles qui ne respectent pas les consignes sanitaires et le confinement. Contre les imbéciles qui manifestent contre le port du masque. Contre les individualistes qui ne pensent qu'à leur nombril. Contre les conspirationnistes qui polluent les médias sociaux. Contre les Républicains qui continuent de soutenir Trump et de colporter des mensonges.

Je suis émue par la solidarité et l'entraide de certains voisins. Par ma chiropraticienne qui fait preuve d'empathie et de bienveillance à mon égard. Par la blancheur magnifique de Montréal. Je suis émue de revoir les commerçants et de retourner flâner en librairie. Je suis finalement émue par le mot révérencieusement que tout bon rédacteur numérique me recommanderait d'enlever de ce billet.

Alors oui, on est vraiment en 2021. Oublions 2020. Gardons le moral, soyons positifs, solidaires et confiants. Et de mon côté, je vais silencieusement continuer de m'ennuyer de la vie d’avant et de la chaleur humaine. Sinon, je nous souhaite un retour ou un semblant de normalité dans un avenir pas trop lointain. Et vivement la chaleur humaine et les adverbes ;)

Tous Les Articles
×

Vous y êtes presque...

Nous venons de vous envoyer un e-mail. Veuillez cliquer sur le lien contenu dans l'e-mail pour confirmer votre abonnement !

OK